Journée internationale des droits des femmes

La Journée internationale des droits des femmes, soit le 8 mars 2022, s’inscrira sous le thème de :

« L’égalité des sexes aujourd’hui pour un avenir durable »

Cette notion peut paraître étrange, mais se battre pour l’égalité des sexes dans le contexte de la crise environnementale, des changements climatiques, de la réduction des gaz à effet de serre, de l’augmentation des catastrophes naturelles, sans oublier les guerres et les conflits armés, est un des plus grands défis mondiaux du XXIe siècle.

Les problèmes socio-économiques liés aux changements climatiques et à l’économie durable ont eu, ont et continueront d’avoir des répercussions extrêmement graves sur notre environnement naturel et sur le développement économique, politique et social des femmes.

Le 8 mars reste toujours LE rendez-vous annuel pour faire le bilan des améliorations et des reculs concernant la question sur l’égalité des sexes dans de nombreux pays.

Mais quels sont les fondements historiques de cette journée du 8 mars, et où prend-elle ses bases historiques ?

Pour beaucoup de personnes, la référence à une manifestation organisée par des couturières, le 8 mars 1857 à New-York, serait censée être à l’origine de la Journée internationale des droits des femmes. Sauf que cette manifestation n’a tout simplement jamais existé ! Plusieurs fois remise en doute, cette légende fut démasquée par l’historienne et sociologue Françoise Picq, preuves à l’appui.

Pour comprendre les raisons de la création du 8 mars, il faut remonter à l’époque des mouvements ouvriers de la fin du XIXe siècle jusqu’au début du XXe siècle, particulièrement au VIIIe Congrès de l’Internationale socialiste de 1910, qui se tient à Copenhague, au Danemark, réunissant des centaines de femmes venues de 17 pays.
C’est là que la militante et journaliste allemande Clara Zetkin, présidente de l’Internationale Socialiste des Femmes, appuyée par Alexandra Kollontaï, exilée en Allemagne, qui deviendra la première femme ambassadrice russe, propose la création d’une « Journée Internationale des femmes ».
Aussitôt adoptée, l’idée s’inscrit alors dans une perspective féministe révolutionnaire et servira en premier lieu la lutte pour le droit de vote des femmes.
Alors que deux millions de soldats sont morts pendant la 1ère guerre mondiale de 14-18, la rigueur de l’hiver 1916-17 en Russie, des mouvements sociaux font éclater la révolution russe et la grève des femmes. Ces dernières, défilent paisiblement à Petrograd (Saint Pétersbourg) le 8 mars 1917 à l’occasion de la « Journée internationale des femmes », la capitale russe de l’époque.
Mais très vite cette manifestation se transforme en soulèvement de la population, des ouvriers se joignent à la manifestation et réclament du pain, la paix et une République. Le 8 mars était né.
Le 8 mars demeure encore aujourd’hui une journée de mobilisation, de lutte, de manifestation et de solidarité. C’est une journée pour permettre aux femmes du monde entier de faire entendre leur voix.
Les femmes savent, peu importe où elles se trouvent, que rien n’est gagné définitivement et qu’il leur faudra expliquer, encore et encore, pourquoi elles ne s’effaceront plus jamais dans nos sociétés, qu’elles ne renonceront plus jamais à être des êtres humains à part entière, et qu’elles seront des acteurs majeurs à égalité avec les hommes dans les décisions pour notre futur.

On le voit bien, malgré les améliorations de la situation socio-économique des femmes, beaucoup souffrent encore de cette inégalité et de cette iniquité. C’est en revendiquant cette égalité sur tous les fronts que tous ensemble, nous pourrons réduire les fossés qui nous séparent.

Le saviez-vous ? (Données de l’ONU 2022)
• Sur 1,3 milliards de personnes vivant dans la pauvreté, 70 % sont des femmes. Dans les zones urbaines, 40 % des foyers les plus pauvres sont dirigés par des femmes.
• Les changements climatiques peuvent provoquer plus de violences basées sur le genre, une augmentation des mariages d’enfants, et une aggravation des problèmes liés à la santé sexuelle et reproductive.
• Quatre-vingts pour cent des personnes déplacées à la suite de catastrophes ou changements liés au climat sont des femmes et des filles.
• Les femmes sont les principales productrices de nourriture dans le monde (50-80 %), mais ne sont propriétaires que de moins de 10 pour cent des terres.