Syndicalistes d'hier à aujourd'hui

Il fut un temps, où mobiliser nos membres était quelque chose de courant et surtout facile à faire. Aujourd’hui, cela semble de plus en plus un défi de taille. Certes, l’époque a changé, les années « 70 » sont loin derrière nous. En ce temps-là, les conflits étaient fréquents et le syndicalisme en pleine effervescence. Je me souviens de ces années, où jeune militante, je faisais mes premiers pas dans ce domaine. Lorsque le mot d’ordre de débrayer était donné, nous sortions sans poser de question. Ce qui revenait à dire que la confiance envers le syndicat, était telle que l’on présumait qu’il y avait certainement une excellente raison de débrayer.

Aujourd’hui, presque trente ans plus tard, que sommes-nous devenus ? Avons-nous encore cette flamme de solidarité ? Combien d’entre nous peuvent dire qu’ils ou elles ont participé à une manifestation cette année ? Sommes-nous toutes et tous trop occupés pour descendre dans la rue ? Sommes-nous devenus des syndicalistes de salon ? Ou de 5 à 7 ? Et les membres de la base dans tout cela ? Comment espérer former la relève, si cette même relève ne nous voit jamais (nous permanents, permanentes, dirigeants, dirigeantes à plein temps de syndicat) sur les lignes de piquetage ? Je suis certaine que plusieurs diront qu’il y a un temps pour les manifestations, que notre temps est fait, qu’il faut laisser la place aux autres. Et bien moi je dis non, c’est faux, dans ma compréhension du syndicalisme, la lutte continue, et ce, sur tous les fronts. À mon avis, rien de mieux qu’une bonne manifestation pour renouer avec les membres, ce ressourcement s’avère plus que jamais important. Notre seule force provient du nombre. Le patron peut bien avoir tout l’argent, il ne pourrait rien faire si un beau matin tous les travailleurs et travailleuses décidaient de descendre et manifester dans la rue.

Cette réflexion m’est venue le 1er mai dernier (Fête des Travailleurs et Travailleuses) suite à une manifestation organisée par le Conseil Régional Québec Chaudière Appalaches et ce sur l’heure du dîner. Peut-être la température était-elle trop belle ? Toujours est-il que nous avons eu toutes les peines du monde pour remplir l’autobus que nous avions nolisé pour l’occasion. Comment convaincre nous consœurs et confrères de participer et de se mobiliser si nous ne sommes même pas capables de sensibiliser les membres syndiqués qui travaillent dans un édifice comme celui de la FTQ ? En fait, nous aurions dû être capable de remplir non seulement 1 mais 2 et 3 autobus. Depuis quelque temps, il y a des conflits qui éclatent un peu partout, on n’a qu’à penser à Vidéotron, ou Sécur … Nous n’aurons pas le choix que de s’entraider entre syndicats. Donner un peu de notre temps pourrait aider un autre syndicat en grève et devenir un atout précieux pour les membres qui sont sur les lignes de piquetage. De toute façon, c’est bon pour le moral, ça c’est sûr !

À bien y penser, si on organisait un 5 à 7 au Bistrol pour la Fête du 1er mai l’an prochain, pensez-vous qu’il serait plus facile de remplir le Bistrol que de remplir un autobus ? Pourtant, il suffit de vouloir pour pouvoir.

EN TOUTE SOLIDARITÉ

Monique Allard
Secrétaire Archiviste
Conseil Régional Québec Chaudière Appalaches