Manifestation 31 mai 2011 - SCEP National Québec

Des centaines de travailleurs actifs et retraités de l’industrie des pâtes et papiers, membres et anciens membres du Syndicat canadien des communications, de l’énergie et du papier (SCEP-FTQ) ont manifesté, le 31 mai 2011, devant l’Assemblée nationale pour demander l’adoption du projet de loi 11.

Rappelons que ce projet permettra de finaliser une entente intervenue entre le SCEP-FTQ, Abitibi Bowater et le gouvernement du Québec pour la sauvegarde des régimes de retraite de milliers de personnes et le maintien de milliers d’emplois. Ces nouvelles mesures pourront aussi s’appliquer à d’autres entreprises dans ce secteur, mais à certaines conditions précises.

Faisant suite à la comparution des représentants du SCEP-FTQ, la semaine dernière, en commission parlementaire, les retraités et les travailleurs ont tenu à témoigner à leur tour et en personne, de leur appui au projet de loi. « L’incertitude qui plane sur le sort que l’on réserve à ce projet est inquiétante. Il faut bien comprendre que ces mesures législatives sont absolument nécessaires à la mise en oeuvre d’une entente déjà négociée et approuvée par les milliers de personnes concernées. Nous nous devons de respecter notre engagement. Il n’est plus temps de négocier ou de revenir en arrière », a expliqué Renaud Gagné, vice-président du SCEP-Québec.

Précisons que les mesures prévues s’appliqueront à toutes les compagnies dans le secteur des pâtes et papiers qui connaissent des difficultés avec l’insolvabilité des régimes de retraite. Ainsi, elles pourront, à certaines conditions, se prévaloir d’allégements financiers en étalant plus longuement les sommes dues aux régimes notamment. Le but est de favoriser le maintien des régimes de retraite et d’éviter les cas de faillite et la liquidation des régimes. Dans le cas d’AbitibiBowater uniquement, on parlait de milliers d’emplois et de la perte de 25 % de la rente de près de 9 000 retraités et encore plus pour les travailleurs actifs.

Pour le SCEP, il faut absolument que le cadre législatif permette de contrer des cas comme celui de Papiers Fraser qui a malheureusement mis en lumière les effets dévastateurs d’une terminaison de régime de retraite. Dans ce dossier, non seulement les retraités ont perdu 35 % de leurs revenus de retraite, mais les participants actifs ont également perdu énormément. Ceux de 55 ans et plus, à hauteur de 40 % et ceux de moins de 55 ans, jusqu’à environ 70 % de ce à quoi ils s’attendaient pour leur retraite.

C’est dans ce contexte que le syndicat, AbitibiBowater et la Régie des rentes ont pu s’entendre pour trouver des aménagements qui ont permis d’éviter la faillite de la compagnie et le projet de loi 11 contient justement une partie de ces mesures.

Il faut souligner que des efforts importants ont été consentis par les milliers de travailleurs actifs dans les usines AbitibiBowater du Québec, de l’Ontario et des Maritimes alors qu’ils ont accepté d’importantes réductions salariales. Le projet bénéficie aussi de l’appui de plusieurs associations de retraités des usines AbitibiBowater et WhiteBirch dont notamment de Laurentides, de la défunte Belgo, de Wayagamack, de Beaupré, de Baie-Comeau, de Gatineau et d’Amos ainsi que Stadacona ( y incluant les travailleurs actifs) et Masson en Outaouais. « Dans le seul cas de WhiteBirch qui est sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies (LACC), nous sommes extrêmement inquiets d’un scénario où le projet de loi 11 ne serait pas adopté. L’acheteur potentiel nous a en effet déjà annoncé son intention de mettre fin au régime actuel. Or, les mesures prévues par le projet de loi nous permettraient de trouver une autre solution », a expliqué M. Gagné.

Pour SCEP-FTQ, il est clair que l’entente conclue entre Abitibi Bowater, la Régie des rentes et notre organisation, dont l’aboutissement se concrétise dans le projet de loi 11, n’est pas une victoire ou une fin en soi, loin de là. Dans un monde idéal, ce que nous aurions vraiment voulu est tout autre. Mais dans notre position, c’est la meilleure solution que nous pouvions mettre en place pour préserver les régimes et sauvegarder des emplois.
Le SCEP-FTQ est le plus grand syndicat du secteur forestier et de la transformation du bois au Québec et est affilié à la plus grande centrale syndicale, la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ).