Manif monstre devant l’hôtel de ville

Près de 1500 employés municipaux ont averti le maire Régis Labeaume que les prochaines semaines seraient très animées dans les rues de la ville de Québec.
Photo - Karl Tremblay

Près de 1500 employés municipaux ont averti le maire Régis Labeaume que les prochaines semaines seraient très animées dans les rues de la ville de Québec. Photo - Karl Tremblay

JEAN-FRANCOIS RACINE
jfracine@mediamatinquebec.com

Dans un vacarme indescriptible, près de 1500 employés municipaux en colère ont promis que la manifestation d’hier devant l’hôtel de ville n’était que le coup d’envoi d’une longue série d’actions à venir pendant les festivités du 400e, à commencer par la journée du 3 juillet, qui marquera l’anniversaire officiel de Québec.

«C’est la première fois, mais ce n’est sûrement pas la dernière», s’est écrié Éric Gosselin, représentant des pompiers. «Je n’ai jamais vu ça de ma vie tous les syndiqués devant le château du maire. C’est le coup d’envoi pour être présent lors des festivités du 400e», a ajouté Jean Lachance, président du syndicat des cols bleus de la Ville de Québec. À cet effet, un membre du groupe avait même revêtu un costume à l’image de Samuel de Champlain. Un montage sonore ridiculisant le maire, surnommé «Rambeaume», a également été diffusé à plusieurs reprises.

Munis de bruyantes sirènes et de puissants haut-parleurs, les pompiers, policiers, cols bleus et cols blancs ont profité de la séance du conseil municipal pour faire résonner clairement leur mécontentement aux élus à l’intérieur. Ils ont fait connaître leur intention d’être très visibles, le 3 juillet, lors de la commémoration de la date de fondation de la Vieille Capitale.

«Jamais»

Les applaudissements les plus nourris ont été réservés à Jean Beaudoin, de la Fraternité des policiers et policières de la Ville de Québec (FPPVQ).

«Est-ce qu’il y a des employés qui sont en tabarnak? Jamais on va plier sur nos conditions de travail. Êtes-vous prêts à vous battre?» a notamment hurlé M. Beaudoin. La réponse des syndiqués a été sans équivoque.

«La négociation dans le respect, il y en a qui n’ont pas appris ce que ça veut dire. Mme Boucher n’aurait jamais fait ça», a martelé Jean Gagnon, du syndicat des cols blancs.

«Pas des colons»

«Non, nous ne sommes pas des colons. Non, nous ne sommes pas des fourreurs de système. Oui, nous sommes fiers de travailler à la Ville de Québec», a scandé Michel Raymond, de l’Alliance des professionnels. «Ça fait longtemps que je n’ai pas eu du plaisir comme ça. Ça fait super longtemps que vous vous faites écœurer. Aujourd’hui, c’est une réponse en direct», a dit le président du Conseil régional FTQ Québec, Claude Maltais.

Pendant tout ce temps, un individu distribuait des tracts exigeant le boycott d’une station de radio qui dénigrerait trop fréquemment le travail des employés municipaux.

Telle une scène qui pourrait donc se répéter souvent cet été, deux touristes asiatiques qui ne comprenaient pas un traître mot de la langue de Molière observaient le brouhaha d’un air confus.